À l'occasion des 24 Heures du Nürburgring, Volkswagen a dévoilé l'ID. Polo GTI, la première voiture électrique de Wolfsburg à arborer le célèbre badge GTI. Nous avons rencontré Kai Grünitz, membre du Directoire en charge du Développement technique, dont la mission consiste à faire le lien entre l'héritage de la GTI et son avenir.
Propos recueillis par Ken Divjak – Photos : Pierre Fontignies
L'ID. Polo GTI arrive à un moment assez particulier : le modèle de base vient tout juste d'être présenté, et la version GTI est déjà dévoilée.
« C'est effectivement le 50e anniversaire du badge GTI qui a dicté le calendrier de présentation de l'ID. Polo GTI. Cette célébration, combinée à la présence de Volkswagen aux 24 Heures du Nürburgring, constituait une occasion trop belle pour être manquée. Dans les faits, nous sommes encore occupés à finaliser les derniers réglages de l'ID. Polo GTI. Les réservations ouvriront en octobre et les premières livraisons sont prévues pour février 2027, juste après la présentation internationale à la presse et les premiers essais routiers. Il y aura donc malgré tout un certain délai entre l'arrivée du modèle standard dans les showrooms et celle de la version GTI. Si cette impression est différente aujourd'hui, c'est simplement parce que nous tenions absolument à présenter notre première GTI électrique dans sa version définitive à l'occasion de la plus célèbre course d'endurance d'Allemagne. »
Quelles sont les premières réactions des connaisseurs et des passionnés face à cette toute première GTI électrique ?
« Elles sont globalement très positives, ce qui est particulièrement encourageant pour un modèle qui change aussi radicalement de philosophie. Nous sommes d'ailleurs ravis de recevoir autant de réactions, car c'est précisément cette écoute qui caractérise le nouveau Volkswagen. Bien sûr, certaines critiques reviennent également, principalement de la part de clients allemands qui jugent la vitesse maximale de 175 km/h un peu limitée. Nous allons étudier cette question, car une augmentation de la vitesse de pointe a des conséquences sur la batterie et surtout sur la transmission. Si nous décidons d'augmenter cette vitesse, nous voulons aussi que la voiture soit capable de la maintenir durablement. C'est un défi plus complexe qu'il n'y paraît, mais nous avons encore un peu de temps pour y réfléchir. »

Pendant ce temps, l'histoire de la GTI continue de s'écrire, avec un retour en compétition et une série anniversaire.
« Notre participation aux 24 Heures du Nürburgring avec Max Kruse Racing s'inscrit pleinement dans la redéfinition de l'univers GTI. À l'occasion des 50 ans de notre emblème sportif, nous regardons à la fois vers le passé, avec un riche palmarès en compétition, et vers l'avenir avec l'ID. Polo GTI, afin de définir notre nouvelle stratégie GTI. La Golf GTI Edition 50 fait également partie de cette démarche. C'est d'ailleurs avec elle que nous avons récemment établi un nouveau record de la Nordschleife pour une voiture à traction avant. Il n'existe donc pas de meilleur endroit que l'Eifel pour célébrer le jubilé d'or de la GTI, dans une région où la passion pour les voitures sportives est toujours aussi palpable. À ce stade, aucun autre programme en compétition n'est prévu. En revanche, nous avons déjà annoncé notre retour l'an prochain au Nürburgring avec une version de course de la Golf R. »
Avec les modèles électriques, est-il plus difficile de différencier une GTI d'une version R ?
« Non, c'est exactement comme avec les modèles thermiques. J'aime souvent comparer une GTI à une paire de baskets Adidas, tandis qu'une version R représente quelque chose de plus mature. L'une est plus joueuse, l'autre plus rigoureuse grâce à sa transmission intégrale et à sa puissance supérieure. Ce sont deux personnalités bien distinctes, et nous continuerons à les développer comme telles à l'ère électrique. Il y a de la place pour les deux, car chacune possède ses propres qualités. La nouvelle ID. Polo GTI démontre déjà qu'une sportive électrique peut offrir énormément de plaisir au volant. Car, au fond, c'est bien de cela qu'il s'agit : le sentiment de conduire quelque chose de spécial, conçu par des personnes qui aiment réellement conduire. À mes yeux, c'est bien plus important que le type de moteur qui délivre la puissance. »
Puisque nous parlons de motorisations : le développement des GTI à essence va-t-il se poursuivre ?
« Absolument. Aucune date de fin n'a encore été fixée pour le développement des moteurs essence GTI. Nous continuerons donc à produire des GTI thermiques au-delà de 2030. Mais, une fois encore, il ne faut pas se focaliser uniquement sur la motorisation. Je peux affirmer en toute sincérité que l'ID. Polo GTI est une véritable GTI. Elle se conduit et procure les sensations que l'on attend d'une authentique hot hatch. Jusqu'à présent, les réactions portent principalement sur son design et sur ses caractéristiques techniques. Hormis quelques personnes au sein de Volkswagen, personne n'a encore réellement pris son volant (NDLR : interview réalisée lors des 24h du Nürburgring – mai dernier). Mais je suis convaincu que les impressions de conduite seront encore plus positives que les premiers retours obtenus à l'arrêt. Nous sommes persuadés d'avoir créé avec l'ID. Polo GTI une voiture électrique qui place le plaisir de conduire au sommet de ses priorités et qui n'a rien à envier aux autres modèles de la gamme. »
Peut-on dire qu'un vent nouveau souffle sur Wolfsburg ?
« Les anniversaires successifs de la Passat, de la Golf, de la Polo et du badge GTI constituent effectivement un cadre idéal pour insuffler un nouvel élan à Volkswagen. Parallèlement, nous avons pris très au sérieux les critiques formulées à l'égard des premiers modèles reposant sur la plateforme MEB — la famille électrique ID. — et nous y avons répondu avec la nouvelle architecture MEB+. Maintenant que nous disposons de cette plateforme améliorée et d'une nouvelle génération de logiciels, nous souhaitons naturellement la déployer le plus rapidement possible sur l'ensemble de notre gamme. C'est la raison pour laquelle autant de nouveautés arrivent en même temps. L'ID. Polo et sa déclinaison GTI en constituent la première illustration. Les versions de série de l'ID. Cross Concept (ID.Cross a été révélée ce 15 juillet et est disponible dans le configurateur) et de l'ID. every1 suivront prochainement. Oui, on peut réellement dire qu'un vent nouveau souffle aujourd'hui sur Wolfsburg. »
S'agit-il d'une période exceptionnellement intense ou simplement du nouveau rythme de l'industrie automobile ?
« Le rythme est effectivement très soutenu, et il ne fera que s'accélérer à l'avenir. Là où nous consacrions auparavant trois, voire cinq ans au développement d'un nouveau modèle, ce délai est déjà tombé à 24 mois en Chine. C'est tout simplement la cadence imposée par nos concurrents, et nous devons nous y adapter pour rester compétitifs. En interne, nous parlons désormais de la Wolfsburg Speed, parce que nous transposons en Europe la rapidité de développement qui caractérise aujourd'hui la Chine. »
À côté de l'ID. Polo apparaît également une nouvelle appellation : ID.3 Neo. Pourquoi ce choix ?
« Pour être tout à fait honnête, le nom ID.3 Neo a également fait l'objet de nombreuses discussions chez nous. L'appellation ID. Golf aurait sans doute semblé plus logique, dans la continuité de l'ID. Polo qui inaugure cette nouvelle nomenclature. Mais le nom Golf véhicule aussi des attentes et des exigences particulières. Nous avons déjà annoncé que le badge R ferait lui aussi partie de l'avenir électrique de Volkswagen. Or, cela implique notamment une transmission intégrale. Par ailleurs, le design de l'ID.3 ne correspond pas encore totalement à l'évolution stylistique de la Golf. Dans ce contexte, il nous a semblé plus cohérent de considérer l'ID.3 Neo comme une étape intermédiaire. Le suffixe "Neo" n'a d'ailleurs pas été choisi au hasard : c'était le nom de code utilisé lors du développement de la première ID.3. Et qui sait… peut-être y ajouterons-nous encore trois lettres dans un avenir proche… » (sourire)