Volkswagen avait de nombreuses raisons de faire la fête lors de la mythique course de 24 heures dans l’Eifel : les 50 ans de la GTI, la première mondiale de l’ID. Polo GTI ainsi que la présence de plusieurs Golf GTI engagées en course. Dix membres du Belgian VW Club ont partagé ces festivités et vécu un week-end unique, entièrement placé sous le signe du célèbre emblème GTI.

Ce n’était évidemment pas un hasard si Volkswagen avait choisi le Nürburgring pour célébrer les 50 ans de la GTI. Quelques semaines avant les 24 Heures, le pilote officiel et de développement de Volkswagen Benny Leuchter y avait repoussé les limites de la nouvelle Golf GTI Edition 50. Au volant de cette édition anniversaire, Leuchter a signé un tour en 7:44.523 sur la Nordschleife, permettant à Volkswagen de récupérer le record des tractions sur le mythique circuit allemand. Un symbole fort, juste à temps pour le jubilé d’or du badge GTI. De quoi justifier le choix du circuit allemand comme point de ralliement des fans de GTI. Mais même les membres généralement bien informés du Belgian VW Club n’imaginaient pas encore tout ce que ce week-end anniversaire allait leur réserver.
Max Kruse Racing

Pour les membres du Club, le week-end de course a débuté dès le jeudi 14 mai. En tant que protagonistes de notre série de reportages « GTI 50 », ils avaient été invités à rejoindre l’Eifel avec leur propre GTI, direction Hatzenbach, cette portion mythique de la Nordschleife située entre le circuit GP moderne et l’ancien Nürburgring. Volkswagen y avait installé un véritable GTI Village, centre névralgique de toutes les activités du week-end. Dormir, manger, boire… et surtout profiter de l’action sur un circuit qui passait littéralement devant le lounge Volkswagen. Des navettes Multivan aux couleurs « GTI 50 » permettaient de rejoindre les différents points stratégiques autour du Nürburgring. Un vrai avantage quand on sait que 352.000 spectateurs étaient présents et que les routes étaient totalement saturées. Pendant ce temps, les GTI belges restaient exposées en toute sécurité dans une zone surveillée, admirées par quelque 150 invités venus du monde entier.

Le jeudi après-midi, premier rendez-vous : la découverte du team Max Kruse Racing, chargé d’engager les Golf GTI pour Volkswagen. Fidèle partenaire de Wolfsburg, l’équipe poursuivait le développement de la voiture de course 2025, déjà optimisée avec davantage de puissance (environ 400 chevaux), une meilleure répartition des masses grâce aux jantes Protrac allégées et une aérodynamique revue avec un spoiler arrière repositionné plus loin sur le coffre. La #10 prenait le départ en catégorie SP3T avec un pilote suisse et trois Allemands, dont Max Kruse lui-même. La #50 évoluait en SP4T avec un Suédois et trois Allemands, parmi lesquels Benny Leuchter. Enfin, la #76, également engagée en SP4T, alignait un Sud-Africain ainsi que trois pilotes allemands, dont Fabian Vettel, le frère de Sebastian Vettel. Hyundai Motorsport N et Subaru STI étaient également présents dans cette catégorie réservée aux moteurs turbo de 2,0 à 2,5 litres. Après la victoire de classe décrochée l’an dernier, les ambitions étaient élevées. Mais comme souvent au Nürburgring, ce sont les dieux de la course qui décident du verdict final.
Pendant que des mécaniciens belges apportaient leur aide sur le projet tuning d’une Golf GTI Edition 50 rouge éclatant, les autres se préparaient à une nuit particulièrement fraîche dans les montagnes de l’Eifel. Après la dernière portion de Volkswagen Currywurst, le thermomètre n’affichait plus que 3 degrés. Malgré cela, tout le monde était déjà de retour en pleine forme le vendredi matin. Avant l’entrée en piste des concurrents des 24 Heures pour les qualifications, les spectateurs ont pu profiter d’un mélange spectaculaire de voitures de tourisme des années 80 et 90 (24H Classic), de youngtimers (RCN) et même d’oldtimers (DHLM), engagés uniquement sur le circuit GP. Ensuite, place aux choses sérieuses : les grosses GT3 s’élançaient sur le tracé combiné de près de 25 kilomètres afin de déterminer la grille de départ de la course du samedi. À la surprise générale, la pole position n’est pas revenue au grand favori Max Verstappen, mais à la Lamborghini Huracan GT3 EVO2 d’Engstler, Bortolotti et Niederhauser. Une deuxième Lamborghini complétait la première ligne, devant 159 autres voitures, dont les trois GTI de Max Kruse Racing.
Première mondiale de l’ID. Polo GTI

Un autre moment fort attendait les fans de Volkswagen le vendredi : la première mondiale de la toute première GTI électrique. Le CEO de Volkswagen Thomas Schäfer en personne a dévoilé l’ID. Polo GTI, accompagné du pilote Benny Leuchter, également impliqué dans son développement. À exactement 13h00, des centaines de curieux ont découvert la GTI du futur dans les grandes galeries du circuit GP, où deux exemplaires (un blanc et un rouge) étaient exposés. Parmi toutes les caractéristiques dévoilées, le poids a particulièrement retenu l’attention : avec 1.540 kg, l’ID. Polo GTI reste relativement légère pour un modèle 100 % électrique capable d’offrir l’habitabilité d’une Golf tout en dépassant les 400 kilomètres d’autonomie grâce à sa batterie de 53 kWh.

Grâce à cette masse contenue pour une voiture électrique, l’ID. Polo GTI n’a pas besoin d’un moteur démesuré pour afficher des performances sportives. Le nouveau moteur électrique Volkswagen, appelé APP290, développe 166 kW, soit 226 chevaux et 290 Nm, permettant un 0 à 100 km/h en 6,8 secondes. La vitesse maximale est actuellement limitée à 175 km/h, un choix qui surprend encore en Allemagne. Le directeur du développement, Kai Grünitz, a toutefois indiqué que cette remarque avait bien été prise en compte. L’équipe d’ingénieurs a également énormément travaillé sur le châssis. L’ID. Polo GTI est abaissée de 15 mm par rapport à l’ID. Polo classique et bénéficie d’une suspension DCC spécifique avec amortisseurs adaptatifs ainsi qu’une géométrie revue. Des pneus Bridgestone Potenza spécifiques montés sur des jantes de 19 pouces complètent l’ensemble.

Comme l’extérieur, l’habitacle reçoit lui aussi une finition GTI exclusive avec une présence importante d’alcantara. Les sièges sport sont proposés en version manuelle ou électrique et offrent un excellent maintien. Le nouveau volant sport attire également l’attention avec sa partie supérieure et inférieure aplaties. Plus étonnant encore : l’absence du traditionnel troisième rayon inférieur, remplacé par un large bouton GTI qui active instantanément le mode Sport+ et transforme complètement les réglages de la voiture. Un mode de conduite supplémentaire apparaît alors à l’écran, activant notamment le différentiel mécanique entre les roues avant motrices afin d’optimiser la motricité. Selon les ingénieurs, cela permet également de retrouver cet effet de train arrière mobile que l’on connaît déjà depuis la Golf I GTI de 1976.
Des scènes uniques sur et autour du circuit

Et la journée du vendredi n’était pas encore terminée. Après le dîner collectif au GTI Village, un track walk figurait encore au programme. Cette tradition organisée la veille de la course permet aux spectateurs d’accéder aussi bien au circuit GP qu’à l’ancienne Nordschleife. À 19h30 précises, toutes les portes s’ouvrent : marche, vélo, skateboard… chacun profite du mythique tracé à sa manière. Les membres du Belgian VW Club ont rejoint la piste à Hatzenbach, au kilomètre 2, avant de marcher jusqu’à Flugplatz, près du kilomètre 4, célèbre ancienne piste d’atterrissage où tant de voitures ont littéralement décollé. L’occasion de réaliser à quel point certains passages de la Nordschleife sont impressionnants, avec des pentes allant jusqu’à 11 % et un dénivelé de 300 mètres entre les points les plus bas et les plus élevés du circuit.

Le retour par les fan zones a probablement constitué un choc encore plus grand. Ce qui s’y passait dépassait l’imagination : voitures, campers, caravanes et tentes entassés les uns sur les autres, avec à peine de quoi circuler. Les spectateurs grimpaient sur tout ce qu’ils trouvaient pour apercevoir le circuit. Certains avaient même amené des chariots élévateurs ou des bobcats pour créer des plateformes improvisées. Beaucoup étaient déguisés comme en plein carnaval. Et il était évident que la bière coulait déjà à flot. Les installations sonores tournaient toutes au maximum. On entendait surtout parler allemand, mais aussi énormément néerlandais grâce à la présence de Max Verstappen. Jamais autant de spectateurs ne s’étaient déplacés : près de 150.000 billets supplémentaires avaient été vendus par rapport à 2025. Quant aux milliers de passionnés qui rejoignent chaque année les forêts à moto ou en VTT pour suivre gratuitement la course, impossible de les comptabiliser. Une chose est certaine : le livestream a, une nouvelle fois, été suivi partout dans le monde.
Le « Korso » GTI


Le point culminant des célébrations des 50 ans de la GTI — et sans doute aussi du week-end pour le Belgian VW Club — s’est déroulé juste avant le départ de la course, le samedi. Volkswagen avait donné rendez-vous à Meuspath, la zone industrielle proche du Nürburgring où de nombreux constructeurs automobiles disposent de centres de développement. Celui de Volkswagen et Audi porte le nom d’« Erprobungsgarage Nürburgring » et sert à préparer les futurs modèles pour leurs essais sur la Nordschleife. Cette fois, pas de prototypes camouflés, mais deux ID. Polo GTI ainsi qu’une impressionnante collection de GTI issues du département Volkswagen Classic. Comme si cela ne suffisait pas, une Polo GTI R5 Rally et l’unique Golf W12 étaient également présentes. Au total, près de 40 GTI participaient au Korso, la parade organisée avant le départ des 24 Heures sous le regard des fans de Volkswagen présents dans le public.
Et puisque la Belgique était le seul pays à avoir réuni toutes les générations de Golf GTI, toutes les voitures du Belgian VW Club ont été autorisées à prendre part à cette parade. La up! GTI présente dans le groupe était même unique dans son genre et a particulièrement impressionné la délégation sud-coréenne, qui découvrait pour la première fois cette héritière spirituelle de la Golf I GTI lancée en 2017. Pour de nombreux invités, il s’agissait également de leur tout premier tour sur la légendaire Nordschleife. Un moment encore plus spécial grâce aux centaines de milliers de fans massés le long du circuit. Même les commissaires semblaient profiter du spectacle offert par ces 50 années d’histoire automobile réunies au même endroit. Et dès qu’une occasion se présentait d’accélérer un peu, la Golf I GTI démontrait qu’elle restait toujours aussi vive et agile face aux modèles les plus récents. « Une expérience unique que nous n’oublierons jamais », résumaient unanimement les participants à l’arrivée.
United by Passion
À 15h00 précises, le samedi, les 24 Heures du Nürburgring étaient lancées. D’abord les GT3 de tête, puis les 23 autres catégories réparties en différents groupes. Très rapidement, 161 voitures se retrouvaient en piste sur les 25 kilomètres du tracé, jusqu’au drapeau à damier du dimanche à 15h00. La Golf GTI Clubsport 24h #10 de Lenz, Kruse et Dralle terminait finalement quatrième de la catégorie SP3T, à un tour de l’Audi TT victorieuse. La #50 de Leuchter, Kristofferson, Heiko et Nicholas semblait en route vers une victoire en SP4T, mais des problèmes de refroidissement durant la nuit ont finalement offert le succès à la Subaru WRX STI officielle. Quant à la #76 de Hochwind, Otto, Mogotsi et Vettel, elle n’a malheureusement pas vu l’arrivée. En tête de course, le team de Max Verstappen a également été contraint à l’abandon après des soucis mécaniques dans la vingtième heure de course. La victoire est finalement revenue à la Mercedes-AMG GT3 d’Engel, Stolz, Schiller et de notre compatriote Maxime Martin.

Pour le Belgian VW Club, la nuit fut longue, rythmée par les phares aveuglants et les moteurs hurlants. Mais lorsqu’on observait les pilotes se battre sans relâche dans cette jungle mêlant lumière et obscurité, pluie et soleil, voitures rapides et concurrents plus lents, impossible de ne pas éprouver un immense respect pour l’une des formes les plus pures du sport automobile, sur ce que beaucoup considèrent comme le plus beau circuit du monde. Quand chacun s’est finalement réveillé après quelques heures de sommeil bien méritées, les équipes et les pilotes continuaient encore à se battre pour décrocher un bon résultat. Et les fans GTI réunis dans le Village savaient parfaitement qu’ils venaient de vivre un anniversaire exceptionnel. Les membres du Belgian VW Club, eux, repartaient aussi avec de nouveaux amis venus des quatre coins du monde. Comme quoi, un simple membership gratuit au sein du club officiel Volkswagen de Belgique peut parfois ouvrir les portes d’expériences totalement inaccessibles autrement. Signé GTI.