Stéphane Lémeret : « Le Mans en VW Fun Cup, c’est extraordinaire »

Publié le 01 janvier 2020 | Photos : DRM

Qui l’aurait un jour imaginé ? Une course de VW Fun Cup sur le grand circuit des 24 Heures du Mans, quelques heures seulement avant la plus grande course d’endurance au monde ? Ce scénario est devenu réalité en cette année 2021 lorsque 89 VW Fun Cup se sont élancées à l’assaut des mythiques 13,626 km. Au programme, une course de 5 heures, rebaptisée pour l’occasion les 20,83% du Mans, en référence à la durée normale d’un double tour d’horloge. 

Si l’épreuve était organisée par le promoteur français de la VW Fun Cup, quelques équipes belges avaient obtenu un ticket et c’est d’ailleurs un trio 100% noir-jaune-rouge qui a dominé la course au volant de la #2 DRM Autographe. Associé au patron de l’équipe Matthieu de Robiano et au jeune espoir belge Ulysse De Pauw, Stéphane Lémeret s’est donc imposé dans la Sarthe. Quatre ans après une participation trop vite écourtée aux 24 Heures du Mans sur une Porsche 911 RSR de la catégorie GTE-Am, le pilote-journaliste a savouré l’expérience ! 

« Honnêtement, quand j’en ai entendu parler pour la première fois, j’ai cru à une blague », avoue Stéphane. « Non seulement parce qu’il est très difficile de convaincre l’Automobile Club de l’Ouest de louer sa piste lorsqu’on ne s’appelle pas Porsche, Ferrari ou Aston Martin, mais aussi parce que la VW Fun Cup n’est, a priori, pas adaptée à un circuit aussi rapide. Rien qu’à Francorchamps, où les lignes droites sont moins longues et moins nombreuses, on atteint souvent le limiteur de régime en 5e vitesse. Alors imaginez au Mans ! »

Les adaptations apportées à la boîte de vitesses, avec les 3e, 4e et 5e rapports allongés, permettaient toutefois aux Coccinelles de course de dépasser les 200 km/h. « Avec le phénomène de l’aspiration, on atteignait quand même cette vitesse maximale quatre ou cinq fois par tour », poursuit le pilote-journaliste le plus rapide de Belgique. « Cela compliquait nettement les tentatives de dépassement car, au beau milieu d’une ligne droite, toutes les voitures se retrouvent exactement à la même vitesse. Reste alors à attendre le freinage suivant pour savoir qui passera devant… avec du coup quelques situations « limites ». J’ai pris le départ de la course et je peux vous dire que j’étais assez content que mon premier relais se termine. Se bagarrer pendant 40 minutes dans un peloton de fous-furieux se retrouvant parfois à cinq de front à plus de 200 à l’heure dans la célèbre ligne droite des Hunaudières – qui est une simple route départementale le reste de l’année – n’est pas toujours rassurant. La moindre erreur d’un pilote se trouvant devant vous ou d’un de ceux qui sont à vos côtés peut tourner à la catastrophe ! »

Au-delà de la victoire de « sa » voiture, Stéphane n’est pas prêt d’oublier cette course. « Ce grand circuit du Mans est extraordinaire », sourit-il. « Même en VW Fun Cup, il vous donne des sensations que vous ne rencontrez nulle part ailleurs. Le nombre de virages en 4e ou 5e vitesse est incroyable et il faut vraiment trouver le rythme pour s’y montrer performant. Chapeau au passage à mon jeune équipier Ulysse De Pauw, qui est passé à fond absolu dans le double gauche des « S » Porsche dès son premier tour lancé sur ce circuit, et qui a osé passer la courbe d’Indianapolis pied au plancher en qualif. Je vous promets que passer ce virage à plus de 200 km/h avec des pneus de route, il faut le faire ! Je me souviendrai aussi de l’importance du phénomène d’aspiration. Avec ces VW Fun Cup, il y avait moyen de gagner plus de 6 secondes par rapport à un tour où vous roulez seul en piste. Cela rend cette course de VW Fun Cup unique en son genre et j’avoue avoir pris un plaisir immense deux jours durant. La victoire, décrochée par notre équipage avec 5 secondes d’avance sur la première voiture française, est venue rendre cette expérience encore plus inoubliable. »

Avec une question désormais sur toutes les lèvres : la VW Fun Cup retournera-t-elle prochainement sur le grand Circuit des 24 Heures du Mans ? À l’image de Stéphane Lémeret, ils sont en tout cas des centaines de pilotes amateurs, séduits d’avoir ainsi pu toucher au mythe, à en rêver !

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