VW Golf Challenge : un raid dans le désert à la place du ski

Publié le 01 janvier 2020

A défaut de ski, on prendra un peu de… désert. Le point de départ d’une belle aventure vécue par un jeune couple qui, en quelques semaines, a découvert l’univers de Volkswagen par le biais d’une organisation peu connue en Belgique, le VW Golf Challenge.

Début 2022, ils avaient prévu de partir au ski en avril. Mais les dernières contraintes sanitaires ont eu raison de leur projet. Quelques recherches sur le net plus tard, Lauriane, géologue de 30 ans, tombe sur le ″VW Golf Challenge″, en Tunisie : « Avec Jonathan, nous avions vécu tous les deux – mais séparément à l’époque – l’expérience du 4L Trophy », raconte-t-elle. « Ensuite, nous avions participé ensemble au Carta Rallye, au Maroc. Nous avions adoré et j’en ai donc parlé à Jonathan... »

Courte réflexion, contact avec l’organisateur (espagnol) et branle-bas de combat à deux mois du départ : « Comme ce rallye-raid, qui n’est pas une compétition, est réservé à des Volkswagen (NDLR : de la Golf I à la Golf IV, ainsi que des dérivés comme la Jetta ou la Scirocco), il fallait surtout trouver le véhicule », sourit Jonathan, 31 ans, informaticien de formation, mais mécanicien indépendant de profession.

Dix jours plus tard, une VW Golf II rejoignait Ramillies. « Je voulais une Syncro », précise Jonathan. « Je l’ai trouvée en Allemagne, chez un collectionneur où elle était restée dix ans sans rouler. La base était saine, mais j’ai passé beaucoup de temps à la réviser. Entre les démarches administratives (douane, immatriculation…) et les essais, il a fallu être bien organisé. Surtout qu’elle nous a causé quelques soucis peu rassurants avant le départ, notamment une pression d’huile trop basse qui m’a contraint à sortir et ouvrir le moteur. Par contre, ça a payé : pas un boulon à resserrer durant tout le raid ! »

36h de traversée… pour faire connaissance !

Initialement prévu au Maroc, le Golf Challenge 2022 a trouvé refuge en Tunisie – une première après avoir précédemment découvert aussi la Roumanie – suite à quelques soucis administratifs. Pour nos deux aventuriers belges, le départ n’a pas été aisé : « Déjà, nous avons pris la route le seul jour où il y a eu de la neige en Belgique », s’amusent-ils. « Nous devions tous rejoindre Marseille à 6h du matin pour la traversée en bateau. Mais, à cause d’une tempête en Méditerranée, il y a eu 12h d’attente au quai plus encore 4h de détour en mer. Avec les 20h de traversée prévues, autant vous dire qu’on a eu tout le temps de faire connaissance avec les 47 autres équipages. Il y avait une petite moitié de francophones : 40 % de Français, trois Suisses et deux Belges. Un équipage de Huy et nous. Les Espagnols constituaient l’autre moitié. Nous avons été très rapidement intégrés, l’ambiance étant très détendue ».

Une confirmation du caractère « familial » souhaité par l’organisateur (pas de recherche de performance, pas de numéro sur les voitures, timing « large »… ), qui n’avait d’ailleurs pas prévu de « support technique » sur place. Dans le VW Golf Challenge, on compte en effet sur l’entraide mutuelle des participants, l’organisation les accompagnant toutefois sur l’ensemble du tracé avec deux Porsche Cayenne. « Ils ont aussi insisté sur le côté humanitaire de l’organisation, nous demandant d’embarquer du matériel scolaire, des vêtements, etc. à distribuer sur place, plus spécialement dans les petits villages ou dans les contrées les plus reculées. »

L’accueil tunisien

Le propre d’un tel raid, c’est notamment de rencontrer la population locale, particulièrement chaleureuse. « Un midi, lors d’une étape assez longue, nous avons fait une sieste près d’une maison offrant le seul coin d’ombre proche », racontent nos deux Brabançons. « À un moment, une dame s’est approchée : elle voulait nous faire déguster son pain et nous convier à prendre le thé chez elle. On ne voulait pas la déranger, mais d’autres participants se sont arrêtés, elle a réitéré son invitation et nous n’avons finalement pas pu refuser. Pain et thé étaient délicieux ! Et il se fait que cette famille tenait la petite « superette » du village. Certains participants en ont profité, aussi en guise de remerciement, pour faire quelques achats. Et cette dame ne voulait pas être payée ! Il a fallu ruser pour lui laisser l’argent des courses et cacher un colis de fournitures scolaires et de vêtements ! Un exemple parmi d’autres d’un accueil juste formidable… »

Tout comme le périple en lui-même. « Les huit étapes, faisant entre 160 et 480 km, nous ont permis de découvrir le pays depuis Tunis jusqu’à Ksar Ghilane en passant par Tozeur, Douz, Djerba et Hammamet notamment », détaille Lauriane. « La nuit en tente et, surtout, les dunes de Ksar Ghilane au coucher du soleil font partie des meilleurs souvenirs, au même titre que cette immense dune du côté de Tozeur. Ayant vu deux voitures au sommet, Jonathan a dit : ″Pourquoi pas nous ?″ Et nous nous sommes lancés victorieusement à son assaut ! On retient aussi les multiples vestiges du tournage de Star Wars à Tozeur et Matmata »

Une Golf de 190.000 km hyper-fiable !

Et la Golf et son pilotage dans tout ça ? « Malgré son âge (1991) et son kilométrage (190.000 km), cette Golf II CL Syncro s’est avérée d’une fiabilité remarquable sur les 3.700 km parcourus en 10 jours. C’est bien dans cet esprit-là que je l’avais révisée et préparée, sans rien axer sur la performance », explique Jonathan. Avant de préciser : « J’ai monté  des amortisseurs renforcés et des pneus à flanc haut, le tout permettant de gagner 5 à 7 cm de garde au sol, des plaques de protection pour le carter et la pompe à essence. Tout le reste est d’origine ! Nous sommes même partis sans plaques de désensablage mais, par contre, avec un bon gonfleur. On roulait avec une moyenne de 1,5 bar mais, dans le sable, on descendait à 0,8 bar, voire 0,5 bar dans les dunes. Incroyable comme la pression des pneus fait la différence !  En outre, la transmission 4x4, l’ABS et la direction assistée rendaient notre Golf bien plus confortable que ce que nous avons connu précédemment avec la 4L ou les 4X4. Cela a facilité la conduite pour nous deux. Lauriane a même fait de la piste sans problème. Il n’y a guère que dans les franchissements de dunes qu’elle m’a laissé le volant ! »

Au final, notre duo n’a pas regretté le ski : « Au départ, on pensait revendre la Golf à l’issue du périple », avoue Jonathan. « Mais, vu le travail effectué sur l’auto, sa facilité d’utilisation et sa fiabilité, on a décidé de la garder. Alors, peut-être qu’en 2023…. L’ambiance était top dans ce VW Golf Challenge et cela s’apparentait à des vacances pour nous. Nous avions juste à nous occuper du carburant – à 0,7€ le litre d’essence en Tunisie ! – et du repas de midi tandis que nous étions très libres au niveau du parcours. Si la piste ne nous convenait pas, on pouvait emprunter les routes, s’arrêter pratiquement quand on voulait. Que du bonheur, y compris au niveau budget. À 2285€ le tout – engagement voiture et équipage, bateau aller-retour, logement dans des hôtels de qualité, repas le matin et le soir et le rallye en lui-même – on ne sait pas si on pourrait trouver mieux ailleurs… »

Au moment de tirer le bilan, Lauriane et Jonathan remercient les partenaires qui les ont soutenus dans ce projet : Gekkoil, BPR Car Services, Steuve Jodoigne, R-tec et Atelier Jo. Et maintenant, cap vers de nouvelles aventures… en Volkswagen bien sûr ! 

Informations complémentaires : www.vwgolfchallenge.com

Texte : Frédéric Zielonka

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