E-Rallye Monte-Carlo : quand la consommation électrique bat les chiffres officiels

Publié le 01 janvier 2020

Fin octobre, le Belgian VW Club a participé E-Rallye Monte-Carlo avec brio, les équipages défendant les couleurs du Club s’offrant notamment la troisième place dans le classement des équipes pendant que l’équipage composé de Bernard Heine et Laurent Secretin terminait à la 4e position du classement individuel, mais à égalité de points avec les troisièmes.

Contrairement aux autres épreuves de la FIA ecoRally Cup, le classement du E-Rallye de Monte-Carlo ne tient compte que du respect de la moyenne horaire imposée. Autrement dit, la consommation d’énergie n’a pas d’impact sur le résultat final. Ce qui n’a pas empêché les équipages du Belgian VW Club de jouer le jeu de ce que l’on appelle couramment l’éco-driving. Et les résultats sont saisissants !

Ainsi, la Volkswagen ID.3 voit le chiffre de 16,119 kWh/100 km affiché sur son certificat de conformité lorsque l’on parle de la norme WLTP. L’objectif était de voir s’il était possible de diminuer cette consommation tout en essayant de respecter au mieux la moyenne imposée. Bilan ? « Très bon », sourit Bernard Heine. « Prenons l’exemple de la première étape du E-Rallye Monte-Carlo. Celle-ci ne comprenait que des axes secondaires, principalement dans petites routes très sinueuses dans les montagnes du Vercors, sans aucun passage par l’autoroute. Sur les 190 km effectués, nous avons consommé 13,2 kWh/100 km à une moyenne de 38 km/h. Certes, cette vitesse moyenne peut sembler relativement basse, mais le profil était fortement accidenté puisque nous avons franchi plusieurs cols de montagne durant les secteurs de régularité. Malgré cela, nous avons consommé 18,5% de moins que le chiffre officiel donné par le constructeur. »

Intéressant, mais poussons l’expérience plus loin avec la Volkswagen ID.4. Cette fois, Antoine Dechamps faisait équipe avec Michaël Salvador. « Le WLTP officiel sur le certificat de conformité de l’ID.4 est de 17,431 kWh/100 km », précise Antoine. « J'ai fait la mesure sur la totalité de notre aventure, en incluant ainsi l'aller-retour entre la Belgique et Monaco. Il y avait donc beaucoup d’autoroute – où je n'ai jamais dépassé les 110 km/h – et le parcours du rallye dans les montagnes, qui représentait à lui seul 1.300 km dans un paysage très accidenté. En tout, j’ai parcouru 3.596 km au volant à du 60 km/h de moyenne. Ma consommation ? Seulement 16,1 kWh/100 km, soit 7% de moins que le WLTP officiel. »

Les chiffres sont éloquents ! Malgré un contexte pas forcément favorable, notamment parce l’ascension des cols requiert forcément beaucoup d’énergie, nos deux équipages ont consommé moins que les chiffres WLTP annoncés. Comme nous l’avions déjà évoqué dans un article précédent (voir le lien ci-dessous), le style de conduite peut fortement influencer la consommation. « Je pense qu’il y a deux aspects », confirme Antoine Dechamps, qui a pu mener de nombreuses expériences dans le cadre de sa participation à la FIA ecoRally Cup. « D’une part il y a bien sûr l’éco-driving traditionnel, fait avant tout d’anticipation en s’intégrant mieux dans le trafic et en évitant d’utiliser de l’énergie inutilement. L’autre conseil que je donne, c’est de se limiter à 100 ou 110 km/h sur autoroute. Ça demande un peu de patience et d’habitude au début, mais ça permet de diminuer nettement la consommation. Lors de l’un de mes déplacements pour la FIA ecoRally Cup, quand je me suis rendu au Portugal, j’avais noté une différence d’environ 20% entre l’aller – effectué à 100 km/h sur les autoroutes – et le retour, où je roulais majoritairement à 120 km/h. Au final, sur un peu plus de 2.000 km, j’avais ainsi pu économiser une recharge en électricité à l’aller… et donc récupérer un temps précieux. Et j’ai pu confirmer cette analyse quelques semaines plus tard en me rendant en République Tchèque via les autoroutes allemandes. CQFD. »

Encore trop méconnue, la voiture électrique a énormément d’avantages à offrir. « Pour bien exploiter sa voiture électrique, il est utile de faire évoluer ses habitudes de conduite », rappelle Antoine. « Mais, en ce qui me concerne, le confort et le côté relax que propose l’automobile électrique sont largement supérieurs à tous les inconvénients éventuels. »

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