Après une édition mémorable à Oman, l'Amarok Adventure Tour mettait cette année le cap sur le Maroc afin de démontrer tout le potentiel du pick-up de Volkswagen. Petit indice : il en faut bien plus qu'un simple morceau de bois pour venir à bout de cette aventure…
Cela faisait déjà depuis 2018 que Volkswagen Véhicules Utilitaires n'avait plus soumis l'Amarok à une véritable aventure. À l'époque, c'était dans le Sultanat d'Oman avec la première génération du pick-up. Cette fois, c'est au Maroc, à bord de la deuxième génération de l'Amarok, que le rendez-vous était fixé. Le choix du royaume nord-africain s'est notamment imposé en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, sans pour autant renoncer à ce qui fait tout le charme de l'Amarok Adventure Tour : des itinéraires 4x4 exigeants, des paysages spectaculaires et une destination située à seulement trois heures de vol de Bruxelles. Un terrain de jeu idéal pour permettre à l'Amarok d'exprimer toutes ses qualités.
Vigilance de tous les instants
À peine 15 kilomètres séparent l'Espagne du Maroc au niveau du détroit de Gibraltar. Pourtant, une fois le pied posé sur le sol marocain, c'est un tout autre univers qui s'ouvre aux voyageurs. Les couleurs sont plus intenses, les odeurs plus marquées et les sons plus présents, particulièrement aux abords de Tanger.
Avant de prendre la route, nous faisons escale dans la concession Volkswagen RA Motor, où les équipes allemandes ont installé leur quartier général pour accueillir les participants venus des quatre coins du monde. Andreas Gottwald, déjà responsable de l'Adventure Tour à Oman, nous souhaite la bienvenue pour trois journées et autant d'étapes au volant de l'Amarok. Tous les modèles sont alignés, avec une mention particulière pour les versions PanAmericana et Aventura, toutes deux équipées du puissant moteur 3.0 V6 TDI.
Pour cette première étape essentiellement routière, nous prenons place dans un Amarok Aventura richement équipé. Avec son allure raffinée, il semble aussi à l'aise en ville que sur les pistes. La toute nouvelle route Nationale 2 quitte Tanger en direction de Tétouan avant de bifurquer vers le sud, en direction de Chefchaouen, la célèbre « ville bleue » du Maroc. À intervalle régulier, la quatre bandes est interrompue par un rond-point où une patrouille de police veille systématiquement, accompagnée d'un imposant véhicule tout-terrain. Tout au long de la Nationale 2, des piétons circulent ou s'installent au bord de la route, parfois même sur la chaussée, alors que la vitesse autorisée atteint par endroits 80, voire 100 km/h. Il faut également rester attentif aux chiens et chats errants, tandis que des équipes d'entretien travaillent en permanence à dégager les gravillons du terre-plein central… sans le moindre véhicule de signalisation.
Heureusement, l'Amarok impose naturellement le respect avec ses 5,35 mètres de long, ses 2,20 mètres de large (rétroviseurs compris) et ses roues pouvant atteindre 21 pouces. Au moment de notre voyage, le modèle n'est d'ailleurs pas encore commercialisé au Maroc, ce qui renforce encore davantage son impact visuel.
En convoi, cette présence contribue aussi à tenir à distance les conducteurs les plus imprévisibles, tant le code de la route semble parfois sujet à interprétation. Les minibus vieillissants paraissent même suivre leurs propres règles. Mais une fois les 600 Nm du V6 TDI libérés et la boîte automatique à dix rapports à l'œuvre, ces préoccupations passent rapidement au second plan. Installé dans un habitacle confortable, doté d'excellents sièges, on perçoit finalement assez peu de l'agitation qui règne à l'extérieur. Quant aux gendarmes, ils ont déjà croisé suffisamment d'Amarok pour comprendre qu'une nouvelle édition de l’Amarok Adventure Tour est en cours…
Une deuxième maison
L'aventure débute véritablement le deuxième jour, après un briefing consacré au catalogue d'accessoires de l'Amarok, qui ne cesse de s'enrichir. Pour les équipements tout-terrain, Volkswagen poursuit sa collaboration avec Seikel, son partenaire historique. La suspension Heavy Duty proposée en option peut ainsi être complétée par toute une série d'accessoires destinés à rendre l'Amarok encore plus performant hors des sentiers battus. Treuils, crochets de remorquage, kits de rehausse avec rock sliders, protections de soubassement renforcées ou encore snorkels permettant de dépasser la profondeur de gué standard de 800 mm : tout est prévu.
Cette fois, nous n'aurons pas besoin de franchir de rivières dans les montagnes sèches du Rif, au-dessus de Chefchaouen, mais plusieurs de ces équipements pourraient bien se révéler utiles. Cela dit, la version PanAmericana est déjà particulièrement robuste et équipée de pneus tout-terrain qui lui permettent d'affronter sereinement les pistes.
Grâce aux différents modes de transmission — 2WD, 4WD, 4WD High et 4WD Low — ainsi qu'aux profils de conduite qui adaptent les réglages de l'ABS et de l'ESP au terrain rencontré, les possibilités sont nombreuses. Les freins, associés au système d'aide à la descente réglable, inspirent également confiance et permettent de maîtriser sans difficulté les 2,2 tonnes du pick-up, même avec près d'une tonne de charge dans la benne et jusqu'à 3.500 kg de remorque freinée.
La capacité de charge sur le toit de la double cabine — jusqu'à 350 kg à l'arrêt — renforce encore l'attrait de l'Amarok pour les amateurs d'aventure. De quoi installer une spacieuse tente de toit, tandis que la benne peut être entièrement transformée en cuisine mobile.
En Allemagne, Volkswagen collabore pour cela avec Front Runner et Domotic, deux spécialistes proposant tout l'équipement nécessaire au camping. Tables et chaises pliantes, auvent escamotable, réfrigérateur alimenté par batterie, réservoir d'eau de 40 litres, réchaud à gaz avec fonction barbecue, voire panneau solaire de 60 W destiné à maintenir la batterie de démarrage chargée : les possibilités sont quasiment infinies. Les amateurs de voyage peuvent ainsi transformer leur Amarok en véritable seconde habitation, avec suffisamment d'autonomie pour vivre et voyager jusqu'à trois jours sans aucun ravitaillement.
Magie à l'état pur
Nous ne passerons pas trois jours en totale autonomie, mais la traversée du Parc national de Talassemtane nous occupera pendant de longues heures afin d'atteindre le point culminant de notre itinéraire : le Jebel Lakraa, à 2.159 mètres d'altitude.
Ce qui frappe immédiatement, c'est la rapidité avec laquelle le décor change. Quelques instants auparavant, nous roulions encore sur l'asphalte au milieu de zones habitées. Un simple embranchement plus loin, nous grimpons déjà sur des pistes rocailleuses qui serpentent vers les sommets.
Toute la matinée, les Amarok progressent au rythme des arrêts photo et vidéo, tandis que Chefchaouen disparaît progressivement au fond de la vallée. Les pick-up avalent ces pistes avec une facilité déconcertante. On ne peut pas toujours en dire autant de certains copilotes...
Par endroits, les chemins sont particulièrement étroits et totalement dépourvus de glissières de sécurité, de quoi provoquer quelques sueurs froides. Pourtant, l'Amarok reste parfaitement stable, facile à placer et conserve une motricité exemplaire quelles que soient les conditions. Il rappelle finalement ces mules sauvages que l'on croise parfois dans la région : la capacité de charge d'un âne, associée à la vitesse d'un cheval.
Au sommet, un panorama spectaculaire s'offre à nous, jusqu'à la mer d'Alboran, à l'est de Tanger. On pourrait croire que la végétation se fait rare à cette altitude. C'est pourtant tout le contraire. Le parc national, qui couvre près de 600 km², abrite pas moins de 1.380 espèces végétales, plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux, ainsi que des lézards et des tortues. Les formations rocheuses sont tout aussi impressionnantes, dessinant parfois des silhouettes défiant les lois de la gravité.
L'un des sites les plus emblématiques est Ape Rock, le « Rocher des singes », où le photographe officiel de Volkswagen patiente depuis plusieurs jours dans l'espoir d'apercevoir les macaques berbères. Alors qu'il s'apprête à abandonner ses recherches, une famille de singes fait finalement son apparition pour saluer le dernier groupe de ce Amarok Adventure Tour, organisé durant trois semaines. Un moment de pure magie.
La descente s'avère plus poussiéreuse et, par moments, plus technique encore que la montée. Les pistes portent toujours les stigmates des importantes inondations survenues en 2025.
Pour limiter les dégâts, de nombreux canaux d'évacuation traversent les chemins. Mais lorsque la couche supérieure est emportée par les eaux, les ouvrages en béton situés en dessous cèdent parfois eux aussi.
Heureusement, les équipes de Volkswagen Véhicules Utilitaires ont longuement reconnu le parcours avant notre arrivée. Aux passages les plus délicats, elles s'arrêtent pour guider les participants à travers les trous les plus dangereux. Depuis le poste de conduite, lorsque le véhicule plonge vers le bas, il est en effet difficile d'apercevoir ce qui se trouve immédiatement devant les roues.
Finalement, chacun retrouve Chefchaouen sans le moindre dommage. Dans la célèbre ville bleue, ce ne sont pas seulement les innombrables chiens et chats errants qui nous attendent, mais aussi un excellent repas savouré face à un magnifique coucher de soleil.
Une devise pleinement justifiée
Pour cette troisième et dernière journée de l'Amarok Adventure Tour, il ne reste plus qu'à reprendre la route entre Chefchaouen et l'aéroport de Tanger.
Cette fois, nous empruntons l'itinéraire le plus direct afin d'évaluer les qualités routières de l'Amarok. Pour ce trajet, nous prenons le volant d'un Amarok Dark Label, une série spéciale dévoilée en Allemagne à la fin de l'année dernière, qui apporte une touche encore plus sportive au pick-up.
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la Dark Label n'est pas uniquement proposée en noir : elle existe également en gris foncé et en bleu foncé. Au moment de notre essai, cette version n'est toutefois pas encore commercialisée en Belgique.
Sur route, la direction se montre communicative, à l'image de toutes les versions de l'Amarok, tandis que le comportement inspire une totale confiance. Seuls les pneus tout-terrain, dotés de flancs renforcés, se rappellent parfois à notre bon souvenir sur l'asphalte chaud. Un léger compromis que l'on accepte volontiers lorsqu'il s'agit d'éviter une crevaison sur les pierres tranchantes.
Et justement, aucune crevaison n'est venue perturber les trois jours de ce Amarok Adventure Tour. Une belle démonstration des qualités du pick-up, qui a une nouvelle fois donné tout son sens à la devise « Built for More ».