La génération 68 et le VW Camper

Publié le 20 avril 2021

Après une carrière incomparable de 1950 à 1967, où il a gagné la gloire et les honneurs au point de devenir un véhicule culte, le premier Volkswagen Transporter, le T1, a dû laisser sa place à son successeur. La deuxième génération de Transporter était dévoilée au public en 1967, et marquait une étape importante pour la direction de Volkswagen : c'était le premier changement de modèle dans l'histoire de la marque.

Comme pour la Beetle, qui, à l'exception de quelques retouches cosmétiques, est resté inchangée depuis son homologation, le T1 était initialement destiné à ne subir qu'un développement succinct n’impliquant que quelques facelifts. Mais Gustav Mayer, mieux connu dans le jargon interne comme «Transporter Mayer», avait ses idées quant aux évolutions à apporter à «son» modèle. Le T2 était sur les rails, un véhicule entièrement repensé et rénové, mais fidèle à l’image du T1. 

Le Transporteur Volkswagen est un véhicule « pour tous ». Il convient aussi bien au travail qu’au loisir et fait bonne figure sur une rampe de chargement comme au pied des marches d’un théâtre. Sérieux et rebelle en même temps, il sert tantôt les forces de police, et tantôt les manifestants en colère, plaçant les deux parties dans un face à face très équitable.

A la fin des années 1960, c’était le véhicule neutre par excellence. Il représentait des valeurs traditionnelles qui pouvaient être appréciées par des personnes de tous les horizons. C’était une corde de plus à son arc : un élément de stabilité dans une société fortement remise en question par la nouvelle génération.

Des deux côtés de l'Atlantique, les jeunes veulent changer les valeurs de la société. Aux Etats-Unis, c’est le règne du «flower power». Les hippies s’approprient le VW Camper et lui donnent une image qui le rend acceptable dans la bonne société comme au festival, sur tous les continents et dans toutes les catégories de la société. Pas étonnant qu’il fut choisi pour véhiculer la plupart des spectateurs de Woodstock.

Cet événement majeur a changé beaucoup de choses dans la société, mais aussi dans l’histoire du VW Camper. Ces trois jours du mois d’août 1969 ont joué un rôle clé dans sa notoriété. Trois jours de liberté débridée, de blues, de folk, de rock et de soul. Trois jours qui ont réuni les plus grands noms de la scène musicale de l’époque : Joan Baez, Janis Joplin, Joe Cocker, Jimmy Hendrix, The Who… Ils ont mis le feu sur la scène, au propre comme au figuré pour certains. Mais sur les pelouses et les parkings, la star était bien le camping-car allemand, dans lequel les festivaliers bénéficiaient d’un agréable confort et de commodités bien utiles.

Certaines idées venues du Nouveau Monde ont mis du temps à s’imposer sur le Vieux Continent, mais il n’a pas fallu dix jours après Woodstock pour que le message arrive aux oreilles de l’aristocratie européenne : « Faites l’amour, pas la guerre ! » Un message que le VW Camper allait diffuser partout dans le monde.

 

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