Les livres d’histoire vous le diront : la Formule VW – mieux connue à l’époque comme Formule Vee – est née aux États-Unis en 1961. Importateur Volkswagen et Porsche pour la région « South Eastern USA »,Herbert Brundage en serait le créateur.
Propriétaire de plusieurs concessions automobiles et passionné par le sport automobile, cet Américain est donc considéré comme le père de la Formule VW, mais il est aussi connu des passionnés pour ses fameuses Porsche Brumos, qui arboraient fièrement les couleurs américaines avec leurs bandes bleues et rouges sur une carrosserie blanche.
Mais revenons aux origines de la Formule VW ! Herbert Brundage était un homme dynamique, ingénieux et novateur. En voyage en Europe, il passe par Turin. La capitale du Piémont est à l’époque considérée comme l’un des épicentres de la course automobile. Quand on parle de la ville italienne, on y associe en effet Fiat, Lancia, Abarth, PininFarina, Bertone, Carello, Vignale, etc.
C’est là que Brundage rencontre Enrico Nardi, un ingénieur réputé qui est aussi constructeur de multiples barquettes de course très compétitives. Par la suite, Nardi sera mondialement connu pour ses très beaux et luxueux volants en métal et en bois que l’on retrouve, entre autres, sur des Ferrari ou des Maserati. En 1961, c’est toutefois une monoplace que lui commande Herbert Brundage. Il la veut simple, très abordable financièrement, dotée d’un moteur Volkswagen 1100cc et reprenant un maximum de pièces de la célèbre Coccinelle.
Nardi livra quatre de ces prototypes à l’Américain. Celles-ci étaient coiffées d’une carrosserie enveloppante et très aérodynamique, réalisée en aluminium par le carrossier turinois Motto.
Sur la piste, cette monoplace était un régal à piloter avec environ 50 chevaux pour 400 kg. Alors, Brundage la développa avec une carrosserie en fibre de verre, créant ainsi la Formcar. Vendue à 945$, sans moteur, celle-ci rencontra d’emblée un énorme succès et c’est assez naturellement que vint l’idée d’organiser aux États-Unis un nouveau championnat monotype destiné à la fois aux pros et aux débutants. Bon marché, il se voulait ouvert à tous et toutes.
Rapidement, la Formule Vee a séduit des pilotes américains de plus en plus nombreux, au point de remplacer la Formule Junior. Ce fut notamment le cas à la célèbre Bahamas Speed Week. Cette course se déroulant à Nassau était l’une des plus célèbres hors Championnat du Monde puisqu’elle réunissait les pilotes US et les stars internationales. On y retrouvait différentes catégories, des plus petites cylindrées aux très gros cubes.
Comme pour le Grand Prix de Monaco, le Rallye de Monte-Carlo ou la Targa Florio, entre autres, l’objectif des organisateurs était de faire la promotion de la région et de ses atouts touristiques. De quoi donner un cachet unique à cette course se déroulant dans une ambiance décontractée. Imaginez un peu la carte postale ! Soleil, palmiers, piscines, hôtels sympas, plusieurs courses par jour, de bons pilotes attirés par de belles primes de départ et d’arrivée, de belles voitures, des stars hollywoodiennes arpentant les paddocks… Parmi les stars internationales invitées pour la course de Formule Vee, on retrouvait notamment Jochen Rindt, futur Champion du Monde de Formule 1. Bref, un décor de rêve pour un événement ne manquant certainement pas de glamour !
Les premières courses dédiées aux Volkswagen voyaient deux types de voitures prendre la piste : des Cox et des Formule Vee. On donnait d’abord le départ – en épi – aux Coccinelles puis aux monoplaces, lesquelles remontaient rapidement sur les voitures de tourisme. De quoi occasionner quelques problèmes de visibilité et autres accrochages…
Nassau se distinguait aussi avec des courses de Formule Vee réservées aux pilotes féminines. Les pilotes masculins prêtaient en effet leurs voitures à ces « Ladies » pour ce qui était en quelque sorte l’ancêtre de la W Series.
Née aux États-Unis, la Formule Vee fit rapidement parler d’elle au-delà des océans. En Europe, quelques passionnés visionnaires comprirent très vite l’intérêt de cette formule. Ce fut notamment le cas des Ets. D’Ieteren. L’importateur belge de Volkswagen fut notamment à la base de la naissance du Club Vé, le 20 novembre 1965. Installé rue d’Arlon à Bruxelles, dans les locaux du RACB, celui qui allait devenir le Belgian VW Club (en 1970) avait à l’époque comme Secrétaire Général un certain Pascal Ickx, tout auréolé de sa récente victoire aux 24H de Francorchamps et frère d’un jeune qui commençait à faire parler de lui, un certain Jacky.
Pascal Ickx avait comme mission de lancer cette formule gagnante en Belgique en mettant sur pied un championnat complet avec un calendrier, un règlement, des primes… On connait la suite de cette histoire à succès : durant plusieurs années, les championnats nationaux et européens de Formule VW ont animé les circuits et les courses de côte, révélés des dizaines de champions en devenir et régalés un nombre incalculable de pilotes amateurs. Techniquement, les voitures n’ont jamais cesssé d’évoluer. Il y eut la Formule Vee 1200cc, puis 1300cc, simple carburateur puis double carbus. Il y eut aussi la Formule Super Vee 1600cc, d’abord sans aileron puis avec les premiers éléments aérodynamiques.
Vous pouvez retrouver toute l’histoire de la Formule VW « à la sauce belge » dans le livre « 50 Years of Volkswagen Motorsport in Belgium », édité par le Belgian VW Club. N’oubliez pas que le petit frère, le Belgian VW Classics Club, existe depuis 5 ans et vous permet de vivre intensément votre passion pour la marque Volkswagen et son histoire.